15 avril 2010
Devenir riche
Lao Zhang qui voulait devenir riche regardait naturellement le sol en marchant. Ayant franchi le pont, il lui sembla dans la pénombre apercevoir un porte-monnaie. N'osant pas le ramasser avec la main craignant qu'il s'agisse d'un hérisson en quête de nourriture, il le poussa du pied. Si c'était un porte-monnaie en cuir, ce serait mou. C'était mou effectivement, mais la chose resta collée à sa chaussure.
Lao She in La Philosophie de Lao Zhang
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04 mars 2010
L'injuste équilibre
Hélas, le monde ne s'est pas construit qu'avec la bonne volonté de gens honnêtes. C'est dans l'intérêt de son équilibre qu'ils ont laissé une place de choix aux escrocs et aux assassins.
Car il faut de tout pour faire un monde.
(Cette maxime aurait pu être écrite par JC Saturn, petit fils de JB Botul)
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18 décembre 2009
à chacun son big bang
Pour assouvir l'incorrigible curiosité des hommes, les astronomes et autres scientifiques écoutent les bruits du cosmos et observent ses échos lumineux pour y découvrir des informations sur les origines de cet univers. Plus on observe et plus on approche notre vision de cet instant que l'on dit être le début d'une expansion aujourd'hui bien décrite de notre univers : le big bang.
Mais pourquoi rechercher à voir et à comprendre ce big bang ? Pour découvrir ce qu'il y avait avant cet instant fabuleux qui constitue aujourd'hui la limite de nos connaissances et de notre capacité d'imagination.
Tel un astronome, on peut aussi, chacun pour soi, essayer de remonter dans le temps en fouillant et interrogeant notre propre mémoire : En retrouvant aussi loin que possible notre plus ancien souvenir, on approche notre propre big bang, cet instant où a débuté le développement de notre conscience.
On trouvera facilement des témoins pour nous raconter ce que l'on faisait avant, des biologistes pour décrire la fusion du spermatozoïde et de l'ovule, la division cellulaire, des documents pour nous montrer comment on était avant, des photos, des films, ... Mais de quoi parlent-ils ? D'un être vivant comme il y en a eu sur terre autant qu'il y a d'étoiles dans le cosmos.
Ce qui nous intéresse dans cet examen de notre mémoire c'est la question sur l'origine de notre conscience : qui étais-je avant d'avoir conscience d'être ce que suis, avant cet instant fabuleux qui constitue aujourd'hui la limite de ma mémoire et de ma capacité à me comprendre ?
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29 novembre 2009
Où chercher le bonheur durable ?
Certains trouvent le bonheur chaque matin au pied de leur lit en glissant leurs orteils dans leurs douces pantoufles, en admirant la lueur du jour croissant et en appréciant la perspective de passer une nouvelle belle journée. Le soir ce bonheur s'illumine encore à l'idée de recommencer le lendemain. Ils barbotent dans le bonheur. Mais pour atteindre cette sérénité il faut savoir se contenter de ce que l'on a. C'est un bonheur immatériel, probablement spirituel.
Mais d'autres ont une idée du bonheur beaucoup plus exigeante parce que beaucoup plus concrète. Le bonheur doit se toucher du doigt et doit être conquis : c'est un bonheur matériel. Ceux là se fixent des objectifs et c'est l'atteinte de ces objectifs qui constitue leur bonheur. On se doute qu'ils ne nagent pas tous les jours dans le bonheur car il ne se présente à eux que de façon sporadique. Cette recherche du bonheur comporte un risque, celui de la dépression à chaque échec. Aussi ne pourrait-on pas leur conseiller de veiller, lorsqu'ils se fixent des objectifs, à ce que ceux-ci soient suffisamment réalistes ou modestes pour qu'ils soient atteignables.
Dans les deux cas le bonheur durable exige modestie.
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14 mars 2009
La terre est là
Par une nuit d'été où la lune ne s'est pas levée, un voyageur solitaire progresse dans l'obscurité et franchit un long sentier qui se confond avec la montagne et la montagne avec le ciel, mais au milieu du chemin, dans une courbe, il fait un faux pas. Dans sa chute, il attrape une touffe d'herbe qui retarde momentanément une issue fatale; mais bientôt ses mains sont à bout de force, et comme un condamné à mort à sa dernière heure, il jette un ultime regard vers le bas, où il ne voit que la profondeur des ténèbres insondables.
« Lâche tes mains résonne à ses oreilles une voix. La terre est là, sous tes pieds. »
Le voyageur s'exécute et atterrit sain et sauf sur un sentier qui se trouve à quelques centimètres sous lui.
Dai Sijie - Folio n°4817
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